Contrat conclu au nom d’une commune : attention à vérifier les pouvoirs du maire signataire. Cassation commerciale 6 mars 2019, n° 16-25117 FS-PB

Actualités juridiques Cabinet 1927 Avocats

Contrat conclu au nom d’une commune : attention à vérifier les pouvoirs du maire signataire. Cassation commerciale 6 mars 2019, n° 16-25117 FS-PB

Autres actualités

Servitude de résidence principale : Un nouvel outil inédit au service de l’habitat permanent

La crise du logement dans les territoires touristiques n’est pas un phénomène nouveau. Depuis plusieurs décennies, les communes du littoral, de la montagne et les centres-villes historiques subissent une pression croissante liée à la conversion...

Recul du trait de côte : un nouvel outil pour les collectivités littorales

Le ministère de la Transition écologique a lancé, le 18 juin 2026, l’application « Le littoral de ma commune ». Développée par le Cerema, elle met à la disposition des collectivités une base de connaissances...

Article Décret n°2026-302 du 21 avril 2026 : Réforme du contentieux des EnR et des projets connexes.

Les différents gouvernements qui se succèdent ont tous un point commun : une politique énergétique basée sur un développement accru d’un renforcement de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Le but : atteindre une...

Canicules répétées – « les bouilloires thermiques »: une nouvelle catégorie de passoires énergétiques

Alors que la lutte contre les passoires thermiques, ces logements particulièrement mal isolés en hiver, s’est intensifiée avec la loi Climat et Résilience de 2021, une autre problématique fait aujourd’hui irruption dans le débat législatif...

LA RESPONSABILITE DES INTERMEDIAIRES DE VENTE

Dans le cadre des litiges liés à la vente de véhicules d’occasion, une idée revient fréquemment : l’intermédiaire de vente serait un acteur périphérique, dont la responsabilité ne serait que très peu engagée. La jurisprudence...

L’appréciation par les chambres disciplinaires des masseurs-kinésithérapeutes des clauses d’un contrat d’assistanat libéral

Pour l’exercice de leur profession, les masseurs kinésithérapeutes peuvent signer des contrats d’assistanat libéral, définissant notamment les modalités d’exercice, la durée du contrat ou encore la mise à disposition de la patientèle et de la...

Responsabilité personnelle du dirigeant et défaut d’assurance décennale

La souscription d’une assurance décennale constitue une obligation fondamentale pour les professionnels du bâtiment. En application de l’article L. 241-1 du Code des assurances, toute personne dont la responsabilité peut être engagée sur le fondement...

Plages privatisées « en douce » : le rappel à la Loi du Gouvernement.

La sénatrice des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio Fontimp (LR) avait interpellé la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche sur une pratique qui prolifère sur le littoral méditerranéen : la mise à disposition...

Bail commercial sur le domaine public : la nullité n’efface pas la réalité économique de l’occupation

Par un arrêt du 21 mai 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation apporte une précision importante sur les conséquences financières de l’annulation d’un bail commercial conclu sur le domaine public. Si...

Résiliation du contrat de construction de maison individuelle (CCMI) et qualification des clauses contractuelles : l’indemnité forfaitaire stipulée au profit du constructeur constitue une clause de dédit insusceptible de modération par le juge, et non une clause pénale dont le montant peut être diminué

La distinction entre clause pénale et clause de dédit a souvent été précisé par la jurisprudence, en raison des confusions récurrentes opérées entre ces deux clauses, dont la qualification est parfois délicate. Pourtant, la clause...

En découvrir plus sur le cabinet 1927 Avocats

Toutes les actualités

Contrat conclu au nom d’une commune : attention à vérifier les pouvoirs du maire signataire. Cassation commerciale 6 mars 2019, n° 16-25117 FS-PB

Pour toute une série d’actes visés à l’article L2122-22 du Code général des collectivités territoriales les maires de communes ne peuvent agir que sur délégation du conseil municipal.

Parmi ces actes : la souscription d’emprunts destinés au financement des investissements prévus par le budget ; la conclusion ou la révision de contrat de bail dont la durée n’excède pas 12 ans ; les contrats d’assurance ; l’acceptation de dons et legs qui ne sont grevés ni de conditions ni de charges ; l’aliénation de gré à gré de biens mobiliers jusqu’à 4 600 euros ; la fixation et le règlement des frais et honoraires des avocats, notaires, huissiers de justice et experts.

Dans une récente affaire, la Cour de cassation s’est prononcée sur le sort du contrat entrant dans le champ d’application de l’article L2122-22 du CGCT, qui avait été conclu par un maire sans délégation du conseil municipal.

Pour la Cour de cassation un tel contrat est nul et de nullité absolue.

Conséquences :
– toute personne (et pas seulement les co-contractants) justifiant d’un intérêt légitime peut en solliciter l’annulation ;
– le contrat ne peut être « sauvé » à postériori par voie de confirmation comme cela est possible dans le cas de contrat entaché de nullité relative.

En l’espèce, le maire de CARRIERE SUR SEINE (78) avait, au nom de sa commune, souscrit deux emprunts auprès de la tristement célèbre banque DEXIA, sans délégation régulière de son conseil municipal.

Ces deux emprunts étaient particulièrement défavorables pour la Commune puisque prévoyant un taux d’intérêt variable non plafonné et calculé, pour le premier, en fonction de la différence entre le CMS EUR 20 ans et le CMS EUR 2 ans et, pour le second, en fonction du taux de variation de change du dollar américain en francs suisses.

Une action en annulation de ces prêts avait été engagée par la Commune.

Saisi du litige, la Cour d’appel de Versailles avait refusé de prononcer la nullité des prêts considérant d’une part que les dispositions de l’article L2122-22 du CGCT n’étaient pas des règles d’ordre public dont l’inobservation entraînait la nullité absolue du contrat et d’autre part que les circonstances de l’espèce révélaient que le conseil municipal avait donné son accord à postériori.

Cette analyse est donc censurée par la Cour de cassation : les dispositions de l’article L2122-22 du CGCT sont des règles d’ordre public dont l’inobservation entraîne la nullité absolue du contrat.

L’importance du champ d’application de l’article L2122-22 du CGCT et la radicalité de la sanction de la nullité absolue doit ainsi amener tous ceux qui contractent avec une commune à vérifier que le maire signataire a bien reçu une délégation régulière de son conseil municipal avant la signature. Il est à cet égard recommandé d’annexer au contrat une copie de la délibération portant cette délégation.

Fatiha NOURI