La nouvelle annoncée par le journal Le Littoral a fait l’effet d’une bombe sur la côte charentaise : l’emblématique phare de la Coubre en Charente Maritime, propriété de l’Etat, sera démoli avant sa destruction par les flots, en raison du recul progressif de la dune et de l’avancée de la mer à ses pieds.
En effet, le phare était situé à 1.8 kilomètres de l’océan lors de sa construction en 1904 et n’est plus aujourd’hui qu’à 130 mètres des vagues.
Le phare, classé Monument Historique depuis 2011, succède à 3 phares détruits avant lui.
Si l’effet d’annonce fut important, la date de sa démolition est encore inconnue. La Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique prévoit pour l’instant que le phare sera démoli quand il sera situé à 65 mètres des flots, ce qui relève du « moyen terme ». Il n’est pas prévu qu’il soit remplacé.
Des pétitions ont été lancées afin de s’opposer à cette démolition. L’attachement des locaux au phare est légitime et cette démolition ne réjouira personne, mais le grand public, au-delà du sentimentalisme, doit s’interroger : qui paiera les ouvrages de protection ou le déplacement du phare ? Pourquoi faire face à un phénomène qui s’accélère ? Qui endossera la responsabilité en cas d’accident ?
Une explication pédagogique à destination du grand public serait la bienvenue, afin que le choc affectif provoqué trouve des réponses claires.
Sa démolition ne sera pas sans conséquences et des questions particulières devront être traitées, comme celle de la navigation dans l’estuaire et celle du futur manque à gagner pour la commune de La Tremblade, qui, comme gestionnaire du site, bénéficie de sa fréquentation touristique.
Le sort du Phare de la Coubre permettra peut-être de sensibiliser le grand public à une réalité : la mer avance, en particulier sur les côtes sableuses, et cela a des conséquences directes sur notre environnement naturel, historique, humain.
Il s’agit ici d’une propriété publique, la question peut être bien plus sensible lorsqu’il s’agit d’une propriété privée…. On pense notamment à l’immeuble « Le Signal » en Gironde, démoli en 2023. L’Etat avait alors fait le choix de ne pas le protéger par des ouvrages de défenses en raison du coût, tout en composant avec la détresse des habitants.
Des cas similaires sont aujourd’hui de plus en plus nombreux et ont vocation à se multiplier.
Ces sujets posent des questions juridiques et techniques notamment concernant la répartition des compétences entre le pouvoir central et décentralisé, la responsabilité de chaque acteur, l’usage de pouvoirs de police administrative ou encore d’urbanisme.
Avant de disparaître, le phare de la Coubre aura eu le mérite de mettre en lumière le sujet majeur de l’adaptation des territoires au phénomène d’érosion.

Source image : site officiel du Phare de la Coubre