La force majeure dans les marchés publics de traitement et de valorisation des déchets : l’obligation de résiliation

Actualités juridiques Cabinet 1927 Avocats

La force majeure dans les marchés publics de traitement et de valorisation des déchets : l’obligation de résiliation

Autres actualités

Servitude de résidence principale : Un nouvel outil inédit au service de l’habitat permanent

La crise du logement dans les territoires touristiques n’est pas un phénomène nouveau. Depuis plusieurs décennies, les communes du littoral, de la montagne et les centres-villes historiques subissent une pression croissante liée à la conversion...

Recul du trait de côte : un nouvel outil pour les collectivités littorales

Le ministère de la Transition écologique a lancé, le 18 juin 2026, l’application « Le littoral de ma commune ». Développée par le Cerema, elle met à la disposition des collectivités une base de connaissances...

Article Décret n°2026-302 du 21 avril 2026 : Réforme du contentieux des EnR et des projets connexes.

Les différents gouvernements qui se succèdent ont tous un point commun : une politique énergétique basée sur un développement accru d’un renforcement de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Le but : atteindre une...

Canicules répétées – « les bouilloires thermiques »: une nouvelle catégorie de passoires énergétiques

Alors que la lutte contre les passoires thermiques, ces logements particulièrement mal isolés en hiver, s’est intensifiée avec la loi Climat et Résilience de 2021, une autre problématique fait aujourd’hui irruption dans le débat législatif...

LA RESPONSABILITE DES INTERMEDIAIRES DE VENTE

Dans le cadre des litiges liés à la vente de véhicules d’occasion, une idée revient fréquemment : l’intermédiaire de vente serait un acteur périphérique, dont la responsabilité ne serait que très peu engagée. La jurisprudence...

L’appréciation par les chambres disciplinaires des masseurs-kinésithérapeutes des clauses d’un contrat d’assistanat libéral

Pour l’exercice de leur profession, les masseurs kinésithérapeutes peuvent signer des contrats d’assistanat libéral, définissant notamment les modalités d’exercice, la durée du contrat ou encore la mise à disposition de la patientèle et de la...

Responsabilité personnelle du dirigeant et défaut d’assurance décennale

La souscription d’une assurance décennale constitue une obligation fondamentale pour les professionnels du bâtiment. En application de l’article L. 241-1 du Code des assurances, toute personne dont la responsabilité peut être engagée sur le fondement...

Plages privatisées « en douce » : le rappel à la Loi du Gouvernement.

La sénatrice des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio Fontimp (LR) avait interpellé la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche sur une pratique qui prolifère sur le littoral méditerranéen : la mise à disposition...

Bail commercial sur le domaine public : la nullité n’efface pas la réalité économique de l’occupation

Par un arrêt du 21 mai 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation apporte une précision importante sur les conséquences financières de l’annulation d’un bail commercial conclu sur le domaine public. Si...

Résiliation du contrat de construction de maison individuelle (CCMI) et qualification des clauses contractuelles : l’indemnité forfaitaire stipulée au profit du constructeur constitue une clause de dédit insusceptible de modération par le juge, et non une clause pénale dont le montant peut être diminué

La distinction entre clause pénale et clause de dédit a souvent été précisé par la jurisprudence, en raison des confusions récurrentes opérées entre ces deux clauses, dont la qualification est parfois délicate. Pourtant, la clause...

En découvrir plus sur le cabinet 1927 Avocats

Droit de la construction, marchés publics

La force majeure dans les marchés publics de traitement et de valorisation des déchets : l’obligation de résiliation

Les marchés publics de traitement et de valorisation des déchets sont régis par le cahier des clauses administratives générales, notamment en ce qui concerne l’évolution des prix.

Les prix sont définis à l’article 10 du cahier des clauses administratives générales fournitures courantes et services.

Ils sont réputés fermes et comprendre toutes les charges fiscales ou autres frappant obligatoirement les prestations.

Les modalités de révision doivent être indiquées au marché.

Rien dans le cahier des clauses administratives générales ne permet de mettre en place, à la demande du prestataire, un ajustement des prix.

Tout au plus si le prestataire prétend être dans l’impossibilité d’exécuter sa prestation peut-il demander en application de l’article 31 la résiliation du marché.

Il est indiqué à cet article qu’en cas de difficultés d’exécution du marché, le titulaire a la possibilité de solliciter la résiliation du marché qui peut alors être prononcée par le pouvoir adjudicateur.

Il s’agit d’une simple faculté que le pouvoir adjudicateur n’est absolument pas contraint de mettre en œuvre.

A l’inverse, lorsque le titulaire est mis dans l’impossibilité d’exécuter le marché du fait d’un événement ayant le caractère de force majeure, et uniquement dans cette hypothèse-là, le pouvoir adjudicateur doit résilier le marché.

Ce n’est donc plus une faculté mais une obligation.

Encore faut-il que les conditions de force majeure soient retrouvées.

Je rappelle qu’aux termes de l’article 1218 du Code civil, la force majeure est un événement irrésistible, imprévisible et extérieur aux parties.

Cette notion est analysée par la juridiction administrative qui rappelle que le bouleversement de l’économie générale du marché permet dans certaines hypothèses l’indemnisation de son titulaire.

De la même façon il est jugé que lorsque les marchés sont traités à prix unitaires, il n’y a pas à rechercher la notion de bouleversement de l’économie du contrat mais uniquement celle de « sujétions techniques imprévues ».

Il est ainsi jugé que ne peuvent être regardées comme des sujétions techniques imprévues que « des difficultés matérielles rencontrées lors de l’exécution d’un marché, présentant un caractère exceptionnel, imprévisibles lors de la conclusion du contrat, et dont la cause est extérieure aux parties. »

Nous sommes très proches de la définition de la force majeure.

On en trouve un bon exemple dans l’arrêt du Conseil d’État du 25 mars 2020 numéro 427 0 85 société Guintoli.

Le Conseil d’État, analysant les conditions d’exécution d’un marché de construction d’une route nationale, énonce que l’on retrouve des difficultés d’exécution d’une telle importance qu’elles justifient la notion de sujétions techniques imprévues.

Il relève que cette appréciation est souveraine et appartient au juge du fond. Cela signifie qu’il n’exerce pas de contrôle sur cette qualification de sujétions imprévues sauf à ce que les premiers juges aient commis une dénaturation des faits.

Cet arrêt est intéressant, bien qu’il ne soit pas publié au recueil Lebon, car il rappelle la jurisprudence constante relativement à la définition de la notion de sujétions techniques imprévues.

On aura égard, au regard de la situation inédite qui frappe les marchés publics, d’analyser au cas par cas cette notion de sujétions techniques imprévues, mais surtout cette notion de force majeure, qui peut concerner également les marchés publics de traitement et de valorisation des déchets.

Thomas Drouineau
Avocat associé
DROUINEAU 1927