Le comité interministériel de la Mer (CIMER) s’est tenu ce 26 mai à Saint-Nazaire sous la présidence du premier ministre.
Les collectivités du littoral sont évidemment directement intéressées par ce type de réunion, avec notamment la réflexion sur les modalités du financement de l’adaptation au recul du trait de côte.
Dans la feuille de route de sortie de ce comité interministériel, on prendra également note de ce qui intéresse les Antilles avec un dispositif de lutte contre les sargasses.
L’État met ainsi en place un troisième plan de lutte contre les sargasses aux Antilles.
S’agissant du financement des conséquences du recul du trait de côte, le premier ministre a décliné un certain nombre de propositions à partir d’une doctrine selon laquelle « le littoral doit financer le littoral. »
On comprend donc que les débats à venir autour du futur projet de loi de finances pour 2026, évidemment très contraints, porteront sur cette capacité des collectivités littorales à créer des « contributions ciblées sur les usages liés à l’agrément du littoral » pour reprendre les termes mêmes du premier ministre.
Contrairement à ce que souhaitent nombre de collectivités, ce n’est donc pas la Nation qui dans son ensemble va contribuer à financer les conséquences du recul du trait de côte, mais les collectivités littorales.
On ne peut que déplorer une telle posture, qui contredit d’ailleurs le propos tenu par le premier ministre un peu plus haut, énonçant que « aujourd’hui comme hier notre avenir (…) se joue au large ».
Si l’on est d’accord avec une telle option, on ne comprend pas en revanche pourquoi les collectivités littorales devraient, seules, financer les conséquences du recul du trait de côte.
C’est bien une logique nationale, qui concerne le pays dans son entier.
S’agissant du plan de lutte contre les sargasses aux Antilles, le gouvernement a pris l’engagement d’assurer le soutien des collectivités pour la collecte et la destruction de ces algues.
Le premier ministre annonce ainsi le déploiement de navires appelés « sargators » capables de collecter 16 tonnes d’algues par heure.
En bref, si l’on comprend que le comité interministériel pour la Mer est toujours l’objet d’un affichage important au regard de l’importance pour la France de ses côtes et de ses littoraux, on ne peut qu’être déçu de cette posture tenue par le gouvernement, selon laquelle les collectivités littorales sont renvoyées, seules, aux modalités de financement des conséquences du recul du trait de côte.
