Loi Anti-Airbnb du 7 novembre 2024

Actualités juridiques Cabinet 1927 Avocats

Autres actualités

Servitude de résidence principale : Un nouvel outil inédit au service de l’habitat permanent

La crise du logement dans les territoires touristiques n’est pas un phénomène nouveau. Depuis plusieurs décennies, les communes du littoral, de la montagne et les centres-villes historiques subissent une pression croissante liée à la conversion...

Recul du trait de côte : un nouvel outil pour les collectivités littorales

Le ministère de la Transition écologique a lancé, le 18 juin 2026, l’application « Le littoral de ma commune ». Développée par le Cerema, elle met à la disposition des collectivités une base de connaissances...

Article Décret n°2026-302 du 21 avril 2026 : Réforme du contentieux des EnR et des projets connexes.

Les différents gouvernements qui se succèdent ont tous un point commun : une politique énergétique basée sur un développement accru d’un renforcement de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Le but : atteindre une...

Canicules répétées – « les bouilloires thermiques »: une nouvelle catégorie de passoires énergétiques

Alors que la lutte contre les passoires thermiques, ces logements particulièrement mal isolés en hiver, s’est intensifiée avec la loi Climat et Résilience de 2021, une autre problématique fait aujourd’hui irruption dans le débat législatif...

LA RESPONSABILITE DES INTERMEDIAIRES DE VENTE

Dans le cadre des litiges liés à la vente de véhicules d’occasion, une idée revient fréquemment : l’intermédiaire de vente serait un acteur périphérique, dont la responsabilité ne serait que très peu engagée. La jurisprudence...

L’appréciation par les chambres disciplinaires des masseurs-kinésithérapeutes des clauses d’un contrat d’assistanat libéral

Pour l’exercice de leur profession, les masseurs kinésithérapeutes peuvent signer des contrats d’assistanat libéral, définissant notamment les modalités d’exercice, la durée du contrat ou encore la mise à disposition de la patientèle et de la...

Responsabilité personnelle du dirigeant et défaut d’assurance décennale

La souscription d’une assurance décennale constitue une obligation fondamentale pour les professionnels du bâtiment. En application de l’article L. 241-1 du Code des assurances, toute personne dont la responsabilité peut être engagée sur le fondement...

Plages privatisées « en douce » : le rappel à la Loi du Gouvernement.

La sénatrice des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio Fontimp (LR) avait interpellé la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche sur une pratique qui prolifère sur le littoral méditerranéen : la mise à disposition...

Bail commercial sur le domaine public : la nullité n’efface pas la réalité économique de l’occupation

Par un arrêt du 21 mai 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation apporte une précision importante sur les conséquences financières de l’annulation d’un bail commercial conclu sur le domaine public. Si...

Résiliation du contrat de construction de maison individuelle (CCMI) et qualification des clauses contractuelles : l’indemnité forfaitaire stipulée au profit du constructeur constitue une clause de dédit insusceptible de modération par le juge, et non une clause pénale dont le montant peut être diminué

La distinction entre clause pénale et clause de dédit a souvent été précisé par la jurisprudence, en raison des confusions récurrentes opérées entre ces deux clauses, dont la qualification est parfois délicate. Pourtant, la clause...

En découvrir plus sur le cabinet 1927 Avocats

Droits des collectivités locales, actes administratifs

Loi Anti-Airbnb du 7 novembre 2024

Loi Anti-Airbnb du 7 novembre 2024 : Un « tour de vis » en vue de réguler les locations de courtes durées

Le 7 novembre 2024, les députés ont adopté une nouvelle législation surnommée la “loi Anti-Airbnb”, destinée à réguler plus strictement le marché des locations courtes durées.

Cette loi intervient dans un contexte de prolifération des locations de courte durée, via des plateformes de type Airbnb notamment.

En effet, plusieurs années les locations de courte durée connaissent un essor fulgurant en France, particulièrement dans les grandes villes comme Paris, Lyon, et Marseille mais également sur l’ensemble de notre littoral.

Ce succès s’explique par l’attrait de ces locations pour les touristes, qui profitent d’un accès facilité à des logements souvent situés en centre-ville, à des prix parfois compétitifs. Cependant, cette croissance rapide a également entraîné des effets pervers significatifs : une augmentation des prix de l’immobilier, la raréfaction des logements disponibles pour les résidents permanents, et la transformation de certains quartiers en zones presque exclusivement touristiques.

Face à ces difficultés, nombre de collectivités ont déjà adopté des mesures pour limiter le nombre de nuits de location ou instaurer des obligations de déclaration pour les propriétaires.

La loi du 7 novembre 2024 marque une avancée significative en imposant des règles harmonisées et plus strictes sur tout le territoire.

Les principales mesures :

  • Limitation du nombre de nuits : La loi fixe une limite annuelle de 60 nuits pour les locations de courte durée pour les résidences principales. Cette mesure vise à empêcher les propriétaires d’exploiter leurs biens principalement pour les touristes, ce qui aurait pour effet de réduire l’offre de logements disponibles pour les habitants.
  • Renforcement des sanctions : Les sanctions en cas de non-respect des nouvelles règles ont été renforcées. Les propriétaires qui excèdent le nombre de nuits autorisées ou qui ne respectent pas les obligations de déclaration peuvent encourir des amendes allant jusqu’à 50 000 euros, une mesure dissuasive visant à limiter les abus.
  • Obligation de déclaration et transparence des données : La loi impose aux plateformes comme Airbnb de partager avec les autorités locales les données sur les locations (nombre de jours, revenus générés, etc.). Ces informations permettront aux municipalités de mieux contrôler les pratiques et d’identifier les propriétaires ne respectant pas la réglementation.
  • Augmentation des taxes locales : Un mécanisme de surtaxe a été instauré pour les propriétaires de résidences secondaires qui proposent des locations de courte durée. Cette surtaxe sera redistribuée pour soutenir des programmes de logement abordable dans les villes les plus touchées par la pénurie de logements.
  • Encadrement des locations dans les quartiers tendus : Dans les zones classées en “tension de logement”, la loi interdit la mise en location de courte durée pour les résidences secondaires. Cette mesure vise spécifiquement à contrer les effets de la spéculation immobilière, en encourageant la location longue durée pour les habitants locaux.

La loi Anti-Airbnb vise principalement trois objectifs :

  • Réduire la pression sur le marché immobilier résidentiel en limitant la transformation de résidences principales et secondaires en locations touristiques.
  • Favoriser l’accès au logement pour les résidents permanents, en particulier dans les zones à forte densité touristique.
  • Assurer une redistribution des revenus générés par le tourisme pour financer des programmes de logement abordable.

Les réactions face à cette loi sont inévitablement partagées. Les partisans estiment que la loi était nécessaire pour rétablir un équilibre entre les besoins des habitants et le secteur touristique, côté propriétaires et plateformes de location, il est mis en avant l’atteinte à la liberté de disposer de leur bien immobilier Certaines associations de propriétaires envisagent de contester cette loi devant les tribunaux, estimant que ces restrictions enfreignent le droit de propriété.

Cette loi Anti-Airbnb marque un tournant dans la régulation des locations de courte durée sur notre territoire. Conçue pour faire face à une crise du logement exacerbée par le tourisme de masse et la spéculation immobilière, cette législation tente de rétablir un équilibre, elle suscite des réactions contrastées, son impact sur le marché immobilier et le secteur touristique sera déterminant dans les années à venir.

locations de courtes durées
Ludivine TROUVE