Alors que la phase d’expérimentation de cinq ans était arrivée à son terme au 1er janvier 2026, la rupture conventionnelle était devenue illégale pour les fonctionnaires titulaires. Toutefois, la loi de finances du 19 février 2026 est venue pérenniser l’usage de la rupture conventionnelle en modifiant le code général de la fonction publique (Articles L. 552-1 et suivants).
Désormais, la rupture conventionnelle devient l’un des modes de cessation définitive de fonctions qui entraîne la radiation des cadres et la perte de la qualité de fonctionnaire au titre de l’article L. 550-1 du CGFP.
Définition
L’article L. 552-1 du code général de la fonction publique définit la rupture conventionnelle comme résultant de la convention signée entre les deux parties. Cette convention en définit les conditions, notamment le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle.
Un large périmètre d’application
La rupture conventionnelle s’applique aux agents publics contractuels mais également aux fonctionnaires sauf exceptions.
Le dispositif exclut les fonctionnaires stagiaires, les fonctionnaires détachés en qualité d’agent contractuel et certains fonctionnaires ayant atteint l’âge de départ à la retraite (Article L. 552-2 du CGFP).
Une procédure rigoureuse au service du consentement
En attendant les précisions réglementaires, il est préférable de se référer à la procédure issue du décret n°2019-1593.
La validité de la rupture repose sur une procédure protectrice excluant toute décision précipitée. La démarche débute par une demande écrite, suivie obligatoirement d’un entretien préalable destiné à vérifier la réalité du consentement de l’agent et à discuter des modalités de départ.
Une fois la convention signée, un délai de rétractation de quinze jours francs doit être scrupuleusement observé avant que l’acte ne devienne exécutoire, garantissant ainsi la sécurité juridique de la collectivité face à d’éventuels recours.
Lors de la procédure, le fonctionnaire peut se faire assister par un conseiller syndical (Article L. 552-3 du CGFP).
L’indemnisation et la responsabilité de l’élu local
L’aspect financier constitue le dernier pilier de la négociation et doit s’appuyer sur des bases objectives. L’indemnité est encadrée par des planchers réglementaires calculés selon l’ancienneté, avec un plafond maximal fixé à 24 mois de rémunération brute (Décret n°2019-1596).
Nicolas GOUJEAU & Thomas PORCHET